Le nouveau président américain vient de créer la surprise en nommant Keith Kellogg, figure controversée et vétéran du Vietnam, comme émissaire spécial pour résoudre le conflit ukrainien. Les propositions de ce fidèle de la première heure font déjà trembler Kiev. Un choix qui soulève de nombreuses questions alors que Donald Trump promet toujours une résolution éclair du conflit.
Résumé :
- Donald Trump vient de nommer Keith Kellogg, 80 ans, comme émissaire spécial pour l’Ukraine
- Le président élu affirme pouvoir mettre fin au conflit en seulement 24 heures
- Kellogg a déjà publié une note détaillant sa vision d’une résolution du conflit
- Cette nomination intervient après un appel « excellent » entre Trump et Zelensky
La guerre en Ukraine pourrait-elle connaître un tournant décisif avec l’arrivée de la nouvelle administration Trump ? C’est en tout cas ce que laisse entendre le président américain fraîchement élu, qui vient d’annoncer la nomination de Keith Kellogg comme émissaire spécial chargé de mettre fin au conflit. Une décision qui fait déjà grand bruit, d’autant que Trump n’a cessé de répéter durant sa campagne qu’il détenait un « plan précis » pour arrêter les combats en à peine 24 heures.
Keith Kellogg, un choix qui fait déjà polémique
L’annonce est tombée ce mercredi sur Truth Social, le réseau social de Donald Trump. « Il est avec moi depuis le début ! Ensemble, nous obtiendrons la paix par la force et nous rendrons l’Amérique et le monde sûrs à nouveau ! », s’est enthousiasmé le président élu. Pourtant, le choix de Keith Kellogg ne manque pas d’interpeller les observateurs internationaux.
Âgé de 80 ans, ce vétéran de la guerre du Vietnam n’est pas un nouveau venu dans les cercles du pouvoir. Ancien président du Conseil de sécurité nationale sous le premier mandat Trump, il s’est notamment fait remarquer par ses positions tranchées sur l’OTAN. Il avait notamment soutenu Trump lorsque ce dernier menaçait de ne plus garantir la protection des pays membres qui ne payaient pas leur part, allant même jusqu’à suggérer d’encourager Moscou à s’en prendre à eux.
Un plan de paix aux conditions strictes
Les contours du plan Kellogg se dessinent déjà, grâce à une note publiée en avril dernier. L’approche proposée par l’émissaire spécial ressemble à un exercice d’équilibriste entre fermeté et compromis. D’un côté, il préconise de maintenir l’aide militaire à l’Ukraine pour empêcher toute nouvelle avancée russe. De l’autre, il pose des conditions qui risquent de faire grincer des dents à Kiev.
En effet, selon sa vision, toute future assistance militaire américaine serait conditionnée à la participation de l’Ukraine à des pourparlers de paix avec la Russie. Plus controversé encore, le plan prévoit de reporter l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN pour une « période prolongée », une concession majeure destinée à « convaincre Poutine de participer aux pourparlers de paix ».
I am honored by @realDonaldTrump‘s appointment to serve as Assistant to the President and Special Envoy for Ukraine and Russia. It was the privilege of my life working for President Trump, and I look forward to working tirelessly to secure peace through strength while upholding… pic.twitter.com/Nj6TFFEyui
— Keith Kellogg (@generalkellogg) November 27, 2024
La question des territoires occupés reste particulièrement sensible. Si Kellogg reconnaît que « le gouvernement et le peuple ukrainiens auront du mal à accepter une paix négociée qui ne leur restitue pas l’ensemble de leur territoire », des sources citées par le Washington Post suggèrent que Trump envisagerait de céder une partie des territoires occupés par la Russie. Une position qui tranche radicalement avec la ligne actuelle de Kiev.
Cette nomination intervient dans un contexte délicat, peu après un appel entre Trump et le président Zelensky, qualifié d’« excellent » par ce dernier et auquel Elon Musk a curieusement assisté. Si Trump n’a pas encore officiellement validé toutes les idées de son émissaire, sa réticence affichée envers une aide militaire d’ampleur et son désir de ramener rapidement Kiev à la table des négociations semblent indiquer un changement majeur dans l’approche américaine du conflit.