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Le 17 Fév 2021 à 11:33 par Samantha Martins

Covid-19 : mais pourquoi le Finistère est-il épargné par le virus ?

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Depuis plus d’un an, le Finistère semble être épargné par le virus du Covid-19. En effet, tandis que le taux d’incidence au niveau national est de 193 cas pour 100 000 habitants, mardi 16 février, il était de 37 pour 100 000 habitants pour le Finistère. Plusieurs hypothèses pourraient expliquer ce phénomène étrange.

Pourquoi le Finistère est-il épargné par le Coronavirus ?

Cela ne date pas d’hier. Cette constatation a pu être observée dès le début de la pandémie de Coronavirus. Même si aucune vérité scientifique n’est capable d’en expliquer les raisons, le professeur en médecine et président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Brest, Eric Stindel avance au minimum six hypothèses.

1. Le Finistère se trouve loin de l’épicentre

Depuis le début de l’épidémie, le virus se concentre dans l’Est de la France. Le Finistère étant à plus de 1 000 km du Grand Est « et comme tout phénomène qui s’étend dans l’espace, il s’étiole. On a été loin de l’épicentre » explique le professeur. Malgré tout, le phénomène reste inexpliqué scientifiquement puisqu’on « ne le retrouve pas dans tous les pays. »

2. Le climat

« Les pieds dans l’eau et la tête dans le vent » c’est ainsi qu’est décrit le climat finistérien par Eric Stindel. Selon lui, la Bretagne et le Finistère bénéficient d’un « renouvellement de l’air particulier » avec une pollution de l’air moins marquée.

3. Une population moins dense

Au cours de la deuxième vague, on a pu se rendre compte que « la carte de déploiement de la vague 2 est assez superposable à la taille des métropoles » explique Eric Stindel. « Paris, Lille, tout l’axe Rhône Alpes, Marseille… Brest étant la plus petite métropole de France, par conséquence et grâce à une densité de population plus faible, on a un peu moins d’échanges et donc un peu moins de propagation virale. »

4. Les transports

Qui dit métropole plus petite, dit moins de transports en commun. « On est très vite en milieu péri-urbain, voire rural, avec des modes de transports qui sont pour beaucoup personnels« , continue Eric Stindel. « Dans le Finistère, on n’a pas de grandes lignes de métro dans lesquelles la moitié de la population commute tous les jours pour aller travailler. Et ça, clairement, ça diminue les transmissions. »

5. Moins de déplacements, moins d’échange

« L’extrême ouest breton, c’est le bout du monde, et c’est le Finistère« , poursuit le président de la commission médicale d’établissement du CHRU de Brest. Le Finistère, « on y passe pas, on y vient, et il n’y a pas de grandes zones de transports comme il peut y avoir en Rhône-Alpes ou dans les zones frontalières au sein de l’Europe, où il y a beaucoup de déplacements. Et forcément, ce virus circule dans la bouche des gens, et quand les gens circulent, le virus circule aussi. »

6. Le comportement social des Bretons

Même si cette hypothèse est à prendre avec beaucoup de pincettes, elle résulte des études scientifiques sur les comportements micro-sociétaux. « Le comportement social du Breton est plus adhérent aux mesures barrières », raconte Eric Stindel, avant de rapidement nuancer, « j’y crois moyennement parce que je ne vois pas pourquoi on serait particuliers en terme de comportement social en Bretagne. C’est une vision très microscopique de l’épidémie, alors que nous vivons une pandémie mondiale. Et puis on est dans un monde moderne où tout le monde vit à peu près de la même manière à Strasbourg ou à Brest« .

En tout cas, un troisième confinement n’est toujours pas envisageable pour Emmanuel Macron. À défaut, le couvre-feu pourrait être avancé à 16 heures durant les vacances scolaires. Quant aux scientifiques, ils se montrent plutôt pessimistes à propos des futures pandémies.