Temu : les hics derrière la plateforme e-commerce ! Temu : les hics derrière la plateforme e-commerce !

Temu : les hics derrière la plateforme e-commerce !

La plateforme chinoise Temu connaît un succès fulgurant grâce à ses prix cassés et à une offre pléthorique de produits. Mais derrière cette façade séduisante, se cachent des conditions de travail contestables et des pratiques marketing agressives visant les jeunes consommateurs. Décryptage.

Son nom ne disait rien à personne, il y a encore deux ans. Aujourd’hui, la plateforme chinoise Temu est devenue incontournable grâce à ses prix défiant toute concurrence. Lancée en septembre 2022 aux États-Unis, Temu est la version internationale de Pinduoduo, un géant du e-commerce chinois fondé en 2015. En un temps record, Temu a réussi à s’imposer parmi les leaders du marché mondial du commerce en ligne. En France, la plateforme a atteint la 7e place des sites et applications les plus visités au dernier trimestre 2023, selon Médiamétrie et la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), avec 17,4 millions de visiteurs uniques par mois.

Cependant, ce succès fulgurant masque une réalité moins reluisante. Temu est accusée de favoriser la surconsommation et de pratiquer des conditions de travail discutables. En parallèle avec les nouvelles décisions du gouvernements pour la protection des consommateurs et les regards sur les coulisses fiscales des influenceurs, derrière ses prix attractifs se cacheraient des pratiques opaques et potentiellement dangereuses pour les consommateurs et les travailleurs.

Une offre pléthorique mais à quel prix ?

Temu se positionne comme une alternative à Amazon, avec une offre diversifiée qui va des vêtements aux produits high-tech, en passant par les jouets et la décoration. Par exemple, une simple recherche pour « casque sans fil » renvoie à 7.500 références, avec des prix allant de 1,50 euro à 66 euros. Cette large gamme de produits à bas prix attire de nombreux consommateurs, mais suscite également des inquiétudes. Temu refuse l’étiquette de « fast-fashion », affirmant qu’elle parvient à maintenir ses prix bas en évitant les étapes inutiles de transport, de manutention et de stockage.

Cependant, les critiques abondent. Valérie Fayard, de l’association Stop fast-fashion, dénonce des conditions de production « effrayantes » tant sur le plan environnemental que social. Selon elle, les prix cassés de Temu sont rendus possibles grâce à des pratiques de fabrication douteuses. En 2023, le Congrès américain a souligné le risque extrêmement élevé de « travail forcé » des Ouïghours chez les fournisseurs de Temu. En réponse, la plateforme affirme interdire strictement l’utilisation de main-d’œuvre involontaire par ses partenaires.

Produits dangereux et enquêtes en cours

Outre les conditions de travail, la sécurité des produits vendus sur Temu est également mise en question. En février, le lobby européen du jouet, « Toy Industries of Europe« , a révélé que sur dix-neuf jouets achetés sur Temu, aucun n’était conforme à la réglementation européenne. En France, la Répression des fraudes a lancé une enquête sur la fast-fashion en fin d’année 2023. Les conclusions de cette enquête, attendues mi-2024, pourraient apporter un éclairage supplémentaire sur les pratiques de Temu et de ses fournisseurs.

Les produits vendus sur les marketplaces présentent souvent des anomalies ou sont jugés dangereux. Le rapport annuel de la Répression des fraudes a révélé que 71 % des produits inspectés sur ces plateformes présentaient des anomalies, et 26 % étaient carrément dangereux. Ces chiffres soulèvent des questions importantes sur la sécurité des produits disponibles sur Temu et sur la responsabilité de la plateforme envers ses clients.

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