Impôts sur le revenu : combien de français sont concernés ? Impôts sur le revenu : combien de français sont concernés ?

Impôts sur le revenu : combien de français sont concernés ?

En 2023, moins de la moitié des Français (44,7%) ont payé l’impôt sur le revenu, selon les données de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Ce chiffre, en baisse constante depuis les années 1970-80, met en lumière l’évolution du système fiscal français et la contribution croissante des plus fortunés.

Si la part des foyers assujettis à l’impôt sur le revenu diminue, les recettes fiscales, elles, augmentent. En 2023, les 10% des Français les plus riches ont contribué à 76% des recettes de l’impôt sur le revenu, un indicateur des inégalités croissantes de notre société. La tendance à la baisse de l’imposition des ménages en France peut être expliquée par plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’augmentation des seuils d’imposition a joué un rôle crucial. Désormais, le revenu net imposable d’une personne seule doit dépasser 17 133 euros pour être imposable à la tranche la plus basse, fixée à 11%. Cette hausse du seuil d’imposition signifie que davantage de contribuables se trouvent en dessous du seuil de revenu imposable.

Parallèlement, le développement des aides sociales a également contribué à cette tendance. De nombreuses allocations et aides sociales ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu, ce qui permet d’exonérer une partie de la population de cette charge fiscale. Cette mesure vise principalement à soutenir les ménages à faible revenu et à réduire leur fardeau fiscal. De plus, le succès des niches fiscales a eu un impact significatif sur la diminution de l’imposition des ménages. De nombreux dispositifs fiscaux avantageux, tels que les réductions d’impôt pour l’investissement dans certains secteurs ou les incitations à l’épargne retraite, profitent essentiellement aux contribuables les plus aisés. Ces niches fiscales ont permis à certains contribuables de réduire considérablement leur impôt sur le revenu en exploitant les avantages fiscaux offerts par ces dispositifs.

CSG et TVA : des impôts plus importants pour les ménages modestes

Si l’impôt sur le revenu concerne moins de Français qu’auparavant, il ne faut pas oublier les autres prélèvements obligatoires, comme la CSG et la TVA. Ces impôts, basés sur la consommation, frappent davantage les ménages modestes, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’achat de biens et services.

Si l’impôt sur le revenu a généré 82,1 milliards d’euros, la CSG a rapporté 141,6 milliards et la TVA plus de 200 milliards, faisant de ces mécanismes les deux plus grandes cagnottes des caisses de l’état.

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Vers une imposition dès le premier euro ?

La question d’imposer tous les Français dès le premier euro gagné revient régulièrement dans le débat public. Une telle mesure permettrait de réduire les inégalités et d’augmenter les recettes fiscales, mais elle se heurterait à des défis techniques et financiers importants.
L’Ifrap, un organisme de recherche sur les politiques publiques, propose plutôt d’inclure tous les revenus dans le revenu fiscal de référence pour une plus grande équité.

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Cela permettrait de mieux prendre en compte les revenus du travail et ceux issus de la solidarité. En conclusion, le système fiscal français est en constante évolution, avec une part croissante des prélèvements supportée par les plus riches. Si l’impôt sur le revenu concerne moins de Français qu’auparavant, il reste un outil essentiel pour financer les services publics et réduire les inégalités.

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